Archive pour 24 octobre 2007

La Bise à Clémentine

la bise à ClémentineJ’ai aimé
- Les supportrices des Pumas, les plus belles et les plus sympas
- Le cahier rugby de L’Equipe
- Voir les Samoans, les Sud-Africains… prendre le temps de signer des autographes aux enfants
- Voir entrer seul sur la pelouse du Stade de France l’Anglais Jason Robinson, au soir de sa 50e sélection contre la France
- Les larmes des joueurs portugais à chacun de leurs matches

Je n’ai pas aimé

- Apprendre que les Bleus avaient lu la lettre de Guy Môquet avant France-Argentine
- Voir l’équipe de France recluse pendant toute la compétition
- Entendre les commentateurs télé parler de Chabal comme d’un animal
- La demi-finale France-Angleterre
- Entendre l’hypothèse d’une réduction à seize pays de la prochaine Coupe du monde
- Entendre les All Blacks critiquer l’arbitrage de Wayne Barnes après leur élimination en quarts de finale
- La plupart des matches des grandes nations, au jeu tellement stéréotypé

J’aimerais
- Que tout recommence !

Xavier AUDEBERT. Responsable de la Rubrique Rugby de L’EQUIPE


111 jours

Bon ben voilà, c’est fini comme dirait Jean-Louis Aubert :

Voilà, c’est fini
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère
T’as eu c’que t’as voulu, même si t’as pas voulu c’que t’as eu
Voilà, c’est fini
Nos deux mains se desserrent de s’être trop serrées
La foule nous emporte chacun de nôtre côté
C’est fini… hum, c’est fini



Retour sur les moments clés de 111 jours d’aventure commune pour le XV de France, du 1er juillet au 19 octobre.
1er juillet : les 30 élus se retrouvent au CNR de Marcoussis. Avant ça les Toulousains arrivent de Toulouse à Orly, Fabien Pelous casse une chaise. Les joueurs offrent un portefeuille… à Bernard Laporte.
19 juillet : Après les stages en altitude, 2 jours d’épreuves physiques à Mont-Louis au Centre National d’Entraînement Commando. Au programme descente en rappel, tyrolienne, marche forcée et nuit à la belle étoile. Les manches du treillis de Chabal sont coupées pour cause de biceps hors normes.
10 août : Première composition d’équipe pour jouer le match de préparation face aux Anglais à Londres (victoire des Bleus 21-15).
18 août : Second match de préparation à Marseille face à l’Angleterre (victoire des Bleus 22-9). Début du fort engouement, les bus du XV de France peinent à se rendre au Stade Vélodrome.
20 août : 18h09 le communiqué tombe, Sylvain Marconnet, après avoir lutté, est déclaré définitivement forfait pour blessure ; Nicolas Mas le remplace.
7 septembre : Guy Môquet, les caméras, les Bleus manquent leur entrée dans la compétition avec une défaite face à l’Argentine 12-17. Les Bleus se replient sur eux-mêmes.
1er octobre : Vainqueur de la Namibie (87-10), de l’Irlande (25-3) et de la Georgie (64-7), les Bleus terminent seconds de leur poule et atterrissent à Cardiff pour jouer le quart de finale face aux All Blacks.
6 octobre : Cardiff, face aux All Blacks, un mur bleu, blanc, rouge devant le Haka. Laporte préfère les nommer les Néo-Zélandais pour démystifier. Le XV de France construit l’un des plus beaux succès de son histoire avec une victoire au bout d’un match palpitant, menés 3-13 à la mi-temps ils remportent le match 20-18. C’est la première fois que les All Blacks sont éliminés si tôt dans la compétition.
13 octobre : 22h45, Stade de France, l’arbitre siffle la fin de la demi-finale, l’Angleterre est qualifiée pour la finale, la France pour celle de la 3ème place. Les joueurs, les mêmes que ceux qui ont vaincu face aux All Blacks, restent hagards sur la pelouse.
19 octobre : Revanche perdue face aux Argentins. La France termine 4ème de SA Coupe du Monde. Les joueurs reprennent la route de leurs clubs en France, en Angleterre ou en Afrique du Sud pour Michalak.


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Cartes des mondialistes partie1Cartes des mondialistes partie2C’est le nombre de joueurs des équipes d’Australie, Nouvelle-Zélande, France, Argentine et Afrique du Sud que l’on peut encore voir jouer en France dans les Championnats de France du Top 14 et de Pro D2.

Télécharger la Cartes des mondialistes


Le monde est passé…

le Monde est passéC’est quoi le plus beau ? L’Afrique du Sud à nouveau unie derrière les Springboks ? Des joueurs du Pacifique bouleversant la hiérarchie du monde ovale ? Des Anglais mourants ressuscités ? Des Bleus terrassant les All Blacks à Cardiff ?
Tout ça, c’était bien, oui. Mais ce n’est pas le plus beau. On prend conscience du plus beau une fois qu’on sait qu’on n’y goûtera plus. Les nations sont rentrées chez elle, les images reviennent au fil des best-of et on se dit que c’était chouette quand même d’avoir le monde de passage chez nous. La mélancolie n’est pas loin. Dîtes, quand reviendrez-vous ?
Le plus beau, c’est aussi cette image dans la nuit parisienne. On est au lendemain de la victoire française en quarts de finale face à la Nouvelle-Zélande. Dans une rue mal éclairée de Paname, à l’heure où les hommes sont endormis, deux joueurs se croisent. Un All Black éliminé et un Bleu éliminé… de la course aux vingt-deux joueurs alignés en demi-finale. La conversation démarre lentement puis, portée par les effluves de quelques verres de l’amitié engloutis, vibre, s’envole. L’un saisit l’autre, l’enlace et les deux gaillards se mettent à pleurer. La fraternité est ovale : on dirait deux gaillards émus tombant une petite flaque de larmes.

Benoit Pensivy, Rédacteur en Chef de RUGBY HEBDO