Le monde est passé…

le Monde est passéC’est quoi le plus beau ? L’Afrique du Sud à nouveau unie derrière les Springboks ? Des joueurs du Pacifique bouleversant la hiérarchie du monde ovale ? Des Anglais mourants ressuscités ? Des Bleus terrassant les All Blacks à Cardiff ?
Tout ça, c’était bien, oui. Mais ce n’est pas le plus beau. On prend conscience du plus beau une fois qu’on sait qu’on n’y goûtera plus. Les nations sont rentrées chez elle, les images reviennent au fil des best-of et on se dit que c’était chouette quand même d’avoir le monde de passage chez nous. La mélancolie n’est pas loin. Dîtes, quand reviendrez-vous ?
Le plus beau, c’est aussi cette image dans la nuit parisienne. On est au lendemain de la victoire française en quarts de finale face à la Nouvelle-Zélande. Dans une rue mal éclairée de Paname, à l’heure où les hommes sont endormis, deux joueurs se croisent. Un All Black éliminé et un Bleu éliminé… de la course aux vingt-deux joueurs alignés en demi-finale. La conversation démarre lentement puis, portée par les effluves de quelques verres de l’amitié engloutis, vibre, s’envole. L’un saisit l’autre, l’enlace et les deux gaillards se mettent à pleurer. La fraternité est ovale : on dirait deux gaillards émus tombant une petite flaque de larmes.

Benoit Pensivy, Rédacteur en Chef de RUGBY HEBDO

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